Hsitoire de la Guadeloupe

 

Les premiers occupants de l'archipel : les populations amérindiennes.

 

La Guadeloupe, comme la plupart des îles des Petites Antilles, a été visitée dés que l'homme a appris à naviguer, c'est à dire il y a 4 000 à 5 000 ans. Les premiers amérindiens connus sont des groupes dits "précéramiques" de chasseurs collecteurs, non sédentaires venus de l'actuel Venezuela, en passant par Trinidad. Ces petits groupes de nomades s'installaient de préférence dans les zones de mangrove riches en coquillages et en gibier.

 

Une fouille archéologique réalisée à Saint-François en 1992 a permis la découverte d'un niveau archéologique profond contenant de nombreux restes alimentaires et un outil rudimentaire en coquillage, qui a pu être daté par le radiocarbone de 1000 ans avant Jésus Christ.

 

A Saint Martin ,les archéologues ont découvert plusieurs sites précéramiques daté de 1000 à1600 avant Jésus-Christ. Ces groupes de chasseurs ont été suivis par une population plus organisée d'agriculteurs venus des hauts plateaux de l'Orénoque et baptisés Huécoîdes. Ce sont les premiers agriculteurs venus coloniser les Petites Antilles : ils apportent avec eux tabac, manioc, patate douce. L'archéologue a découvert derrière eux platine à manioc, inhalateurs et, comme à Morel (commune du Moule) des sépultures accompagnées de splendides amulettes en pierres semi précieuses, visibles au musée Edgar Clerc.

 

Il sont suivis, au début de notre ère par des groupes dits saladoïdes, également agriculteurs originaires de l'est du Venezuela. Ces "saladoïdes"s'installent de façon plus durable (prés de six siècles en Guadeloupe) et s'adaptent au milieu insulaire. Ils sont à l’origine de nombreux sites de roches gravées (ou pétroglyphes), de très belles poteries ornées de figurines mystérieuses (les fameux adornos) ou colorées par des teintures minérales. Vers 600 après J.C une nouvelle migration originaire des côtes de Guyane s'installe au sud des Petites Antilles et monte des expéditions guerrières vers les îles situées au nord. Ces expéditions marquent la fin des groupes saladoïdes.

 

En 800 après J.C une nouvelle culture dite « Suazey » est implantée sur presque toutes les Petites Antilles. La dernière migration amérindienne est historiquement attestée: il s'agit des Galibis de Guyane française qui s'installent en Guadeloupe un ou deux siècles seulement avant l'arrivée de Christophe Colomb, le 4 novembre 1493.

 

Les fouilles menées par le service archéologique de la région Guadeloupe sur la plage de Roseau à Capesterre Belle Eau ont attesté leur présence entre 1450 et 1520 soit au moment de l’arrivée de Christophe Colomb.

 

L'arrivée de l'Amiral Christophe Colomb et sa rencontre avec les Caraïbes n'a pas été immédiatement suivie d'une colonisation de l'île par les européens : la Guadeloupe ne présentait pas de grand intérêt pour les premiers conquérants principalement en raison de l'absence de gisements aurifères. Par contre, elle a longtemps servi d'escale aux navires venant directement d'Europe, afin de s'alimenter en eau et de faire parfois provision auprès des occupants caraïbes.

 

La rivière du Gallion , à Basse Terre aurait été un de ces lieux "d'aiguade", d'où son nom. Ce troc était assez fréquent entre le moment de la "découverte" et l'occupation de l'île par les français en 1635. C'est le 28 juin 1635 que Charles Liènard de l'Olive et Jean Du Plessis d'Ossonville occupent et se partagent la partie de l'île la plus propice à la culture : la Guadeloupe, que nous appelons aujourd’hui la Basse Terre.

 

Une colonisation qui connaîtra des débuts très difficiles en raison du manque de préparation et de l'inadaptation des européens aux conditions climatiques. Des centaines de colons périront de la famine et des maladies comme la fièvre jaune. C'est ainsi d'ailleurs que périra Jean Du Plessis. Des deux gouverneurs de l'île, c'était le plus pacifique, et sa mort laissera le champ libre à de l'Olive, qui mènera une guerre sans merci aux indiens caraïbes. Cette guerre prendra fin en 1660 avec la signature, au Fort de Basse Terre d'un traité de paix avec les caraïbes qui leur concédera quelques maigres territoires sur les parties les plus désertiques de l'île.

 

Après avoir tenté diverses cultures comme le tabac, l'indigo, et le café les colons développeront la culture intensive de la canne à sucre en faisant appel au savoir-faire des colons hollandais chassés du Brésil et, de façon massive, à une main d'œuvre d'esclaves africains. Dès 1642, les colons français acheminent des esclaves noirs venant d’Afrique de l’Ouest jusqu’aux Antilles pour développer la production de sucre de canne. En 1759, pendant la guerre de Sept ans (1756-1763), la Guadeloupe est occupée par les Anglais qui fondent le port de Pointe-à-Pître. En 1763, le traité de Paris met fin à la guerre et restitue la Guadeloupe et la Martinique à la France. C’est en 1775 que l’île obtient son autonomie vis-à-vis de la Martinique.C'est durant cette période que le port de Pointe à Pitre pris de l'importance au détriment du Port du Moule.

 

Schématiquement, à la fin du 18e siècle, la population de la Guadeloupe se compose :

 

des blancs, tous de condition libre.

 

des libres de couleurs. Ce sont des affranchis ou des descendants d’affranchis, généralement métis. S’ils sont libres, ils ne sont pas considérés comme les égaux des blancs.

 

des esclaves, principalement noirs, mais aussi métis. Ils représentent environ 80 % de la population. On ne peut échapper à l’esclavage que par l’affranchissement, rendu de plus en plus difficile, par la fuite ou par la révolte

La période révolutionnaire sera, pour la Guadeloupe, une époque agitée : l’île est occupée en 1794 par les Anglais mais aussitôt reprise par l’énergique commissaire de la Convention, Victor Hugues, qui proclame l’abolition de l’esclavage. En 1802, le général Richepance vient, sur ordre de Bonaparte, rétablir l’esclavage et réprimer le soulèvement du chef de bataillon Louis Delgrès.

 

La révolution de 1789 fut l'occasion pour les blancs "patriotes" et pour les planteurs de s'affronter afin de contrôler la colonie. Ce fut également l'occasion de brèves mais violentes révoltes d'esclaves qui conduiront, le 4 février 1794 à la première abolition de l'esclavage par la Convention ; sa mise en œuvre fut cependant de courte durée, puisque, sous la pression de la société martiniquaise dont l'impératrice était issue, le premier Consul Bonaparte rétablit l'esclavage en 1802, malgré la résistance et le sacrifice de Delgrès et de ses compagnons.

 

Il s'ensuivit une période très confuse de rétablissement de l'ordre esclavagiste bien ébranlé, perturbée par la reprise de la guerre entre la France et la Grande Bretagne. C'est le 27 avril 1848 qu'intervient l'abolition définitive et le déclin de la vieille société coloniale grâce en particulier à l'action de l'humaniste Victor Schœlcher. En Guadeloupe, l’abolition de l’esclavage n’est effective que le 27 mai 1848.

 

 

 

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